Prévention & cambriolage

Casernes de pompiers cambriolées : pourquoi les voleurs visent cisailles et écarteurs, et ce que le colonel Besson annonce

Quatre casernes cambriolées dans les Alpes du Sud la même nuit : cisaille et écarteur volés, environ 50 000 euros. Ce que cela change chez vous.

Casernes de pompiers cambriolées : pourquoi les voleurs visent cisailles et écarteurs, et ce que le colonel Besson annonce

Dans la nuit du 4 au 5 octobre, quatre petites casernes de pompiers des Alpes du Sud ont subi les mêmes vols : cisailles et écarteurs, des outils de désincarcération qui peuvent aussi servir à braquer des distributeurs. Ce que les voleurs convoitent en dit long, y compris sur ce qui dort dans votre garage.

En bref

  • Quatre casernes de petites communes des Alpes du Sud ont été cambriolées la nuit du 4 au 5 octobre.
  • Une cisaille et un écarteur, estimés à 50 000 euros, ont été volés ; ils peuvent servir à braquer des distributeurs.
  • Depuis août, une trentaine de communes ont été touchées, du Rhône à la Gironde, et sept personnes ont été interpellées.

Le chiffre clé : 50 000 euros, valeur estimée de la cisaille et de l'écarteur volés dans une caserne.

Quatre casernes visitées la même nuit dans les Alpes du Sud

Le scénario s'est répété d'un village à l'autre. Dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes, quatre centres de secours de petites communes ont été cambriolés dans la nuit du 4 au 5 octobre. À chaque fois, les voleurs ont emporté le même type de matériel : des outils de désincarcération.

Dans l'une de ces casernes, ce sont une cisaille et un écarteur qui ont disparu. Alain Mosconi, pompier volontaire et chef de centre, estime la perte à environ 50 000 euros. Une enquête a été ouverte et confiée à la gendarmerie.

Des outils faits pour ouvrir la tôle, donc utiles pour forcer autre chose

En temps normal, la cisaille et l'écarteur servent à sortir des victimes de leur véhicule après un accident de la route. Un outil qui sauve des vies, rangé dans un local de petite caserne.

Les voleurs, eux, y voient un moyen de passer à l'acte ailleurs : ces matériels peuvent servir pour des braquages, notamment de distributeurs de billets. Un outil capable de déformer une carrosserie sait aussi vaincre bien d'autres obstacles.

Pour les habitants, la conséquence est immédiate. Le chef de centre l'explique ainsi :

« On n’a plus ce matériel-là pour effectuer ces missions. Donc ce sont d’autres centres qui risquent de venir. » Alain Mosconi, pompier volontaire et chef de centre dans les Alpes-de-Haute-Provence

Autrement dit, un vol de nuit peut rallonger les délais de secours le jour d'un accident.

Des centres isolés que l'on ne peut pas transformer en bunkers

Ces casernes ont un point commun : elles sont petites, isolées et difficiles à sécuriser. Personne n'y dort la nuit, et les voisins sont parfois loin.

Le colonel Sylvain Besson, directeur départemental des pompiers des Alpes-de-Haute-Provence, annonce des ajustements. Les conditions de sécurité évolueront selon que le site est occupé en permanence, plus éloigné, ou selon d'autres paramètres. Il pose aussi une limite claire :

« On ne peut pas non plus totalement bunkériser les structures. » Colonel Sylvain Besson, directeur départemental des pompiers des Alpes-de-Haute-Provence

Cette phrase vaut aussi pour un particulier : aucune protection n'est absolue, l'enjeu est de rendre le vol plus long, plus bruyant et moins rentable.

Une série qui touche une trentaine de communes, du Rhône à la Gironde

Les Alpes du Sud ne sont qu'un épisode. Depuis le début du mois d'août, les pompiers subissent une flambée de vols de matériel de désincarcération. Une trentaine de communes ont été touchées, du Rhône à la Gironde.

À Saint-Bonnet-de-Mure, près de Lyon, une pince et un écarteur ont disparu début août. Le matériel a été remplacé depuis. Le maire, Thierry Dubuis, reste marqué : « On s’attaque aux pompiers. Ce sont les premières personnes qui viennent sauver des vies », dit-il, en rappelant que la caserne n'est pas grande et que le matériel y est nécessaire.

LieuMatériel viséSuite
Alpes-de-Haute-Provence, caserne isoléeCisaille et écarteur, environ 50 000 eurosEnquête confiée à la gendarmerie
Saint-Bonnet-de-Mure (Rhône), début aoûtPince et écarteurMatériel remplacé
Région bordelaiseMatériel de désincarcérationSept interpellations, cinq aveux, mises en examen pour vol en bande organisée

Ce que cette série apprend pour protéger vos propres outils

Aucun chiffre ne dit que les particuliers soient visés de la même façon. Mais le raisonnement des voleurs se transpose : ils cherchent des outils puissants, faciles à emporter et inutiles à surveiller. Votre garage, votre cave ou votre abri de jardin peuvent en contenir.

  • Rangez sous clé les cisailles, pinces coupantes, leviers et meuleuses, plutôt que de les laisser dans un abri ou une remorque non fermés.
  • Ne les laissez pas visibles depuis la rue ou le jardin : un outil qui ne se voit pas ne se convoite pas.
  • Faites du local d'outils un point fort : porte solide, serrure correcte, éclairage, voisin prévenu en cas d'absence.
  • Notez les marques et numéros de série pour faciliter un dépôt de plainte.

Le colonel Besson le dit pour les casernes : on ne bunkérise pas tout. Chez vous non plus. Mieux vaut ralentir le voleur, et ne pas lui fournir l'outil qui force le reste de la maison.

Vos questions

Pourquoi les voleurs s'en prennent-ils aux outils de désincarcération des pompiers ?

Ces outils servent à extraire des victimes de véhicules, mais ils peuvent aussi être employés pour des braquages, notamment de distributeurs de billets. C'est ce qui explique, selon le reportage, l'intérêt qu'ils suscitent chez les voleurs.

Que change le vol de ce matériel pour les habitants d'une commune ?

Une caserne privée de sa cisaille ou de son écarteur ne peut plus assurer certaines interventions, comme l'extraction de victimes après un accident. D'autres centres doivent alors se déplacer, comme le prévient le chef de centre Alain Mosconi.

Des suspects ont-ils été arrêtés ?

Dans la région bordelaise, la gendarmerie a interpellé sept personnes, dont cinq ont reconnu les faits. Elles ont été mises en examen pour vol en bande organisée. Pour les casernes des Alpes du Sud, une enquête a été ouverte et confiée à la gendarmerie.

Sources : franceinfo.

Vincent Marlet
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