« Je ne me suis doutée de rien » : à 98 ans, une Messine piégée par un faux conseiller bancaire puis un faux policier
À Metz, une femme de 98 ans a remis 4 000 euros en liquide, et 900 euros ont été retirés avec sa carte. Le scénario en deux appels et les bons réflexes.

Un conseiller bancaire vous appelle, donne son nom et ses références, puis envoie quelqu'un chercher votre carte. À Metz, une dame de 98 ans a ensuite remis 4 000 euros en liquide à un faux policier, alors que 900 euros étaient déjà retirés avec sa carte. Voici le scénario et les réflexes qui l'auraient stoppé.
En bref
- Le mardi 29 septembre à Metz, un faux conseiller récupère la carte d'une dame de 98 ans, puis un faux policier appelle.
- Elle remet 4 000 euros en liquide, en deux fois 2 000 euros, et 900 euros sont retirés avec sa carte.
- Une enquête est ouverte pour escroquerie sur personne vulnérable et pour usurpation de la qualité de dépositaire de l'autorité.
Le chiffre clé : 4 000 euros, remis en liquide à un faux policier, en deux fois 2 000 euros.
Un faux conseiller bancaire a bavardé 30 minutes avant d'envoyer quelqu'un chercher la carte
Tout commence le mardi 29 septembre, à 16 h 30, dans le centre-ville de Metz. Une habitante reçoit l'appel d'un homme qui se présente comme son nouveau conseiller bancaire. L'ancienne serait partie. Il donne son nom, ses références, et la conversation dure 30 minutes.
Puis vient le prétexte : sa carte serait expirée et il faudrait la changer d'urgence. Sa proposition est simple. Il envoie quelqu'un à sa porte pour la récupérer, et cette personne lui remet une carte provisoire à la place.
La dame accepte. Elle l'explique elle-même : ce jour-là, elle avait la tête ailleurs et n'était pas de bonne humeur. Un homme se présente en bas de chez elle en fin d'après-midi, et l'échange de cartes a lieu.
Le piège repose sur la durée de l'appel. Trente minutes de discussion aimable, un nom, des références : la confiance s'installe avant que la demande n'arrive.
Un second appel, d'un faux policier, a fait passer la victime pour un appât
Le deuxième appel arrive peu après. Cette fois, c'est un prétendu policier. Il donne un matricule et explique que le premier homme était un faux conseiller. La police voudrait l'interpeller en flagrant délit.
Pour cela, on demande à la victime de jouer l'appât, avec un sac de bijoux ou d'argent. Le second escroc se présente chez elle. Par l'entrebâillement de la porte, elle lui remet 4 000 euros en liquide, en deux fois 2 000 euros, avec des billets de 20 euros.
Pendant ce temps, le faux conseiller n'est pas resté inactif. Avec la carte récupérée, il avait déjà retiré 900 euros.
Le scénario en deux temps tient en quatre étapes
Le schéma est le même que celui qui circule ailleurs : un premier faux professionnel crée le besoin, un second apporte la fausse protection. Voici le déroulé de Metz.
| Étape | Ce qui se passe |
|---|---|
| Premier appel, 16 h 30 | Faux conseiller, carte « expirée », 30 minutes de conversation |
| Fin d'après-midi | Un homme récupère la carte et en remet une « provisoire » |
| Second appel | Faux policier avec matricule : il faut servir d'appât |
| À la porte | 4 000 euros en liquide remis, et 900 euros retirés avec la carte |
À chaque étape, l'escroc rassure et crée l'urgence. Le second appel est le plus vicieux : il présente la première victimisation comme une raison d'agir vite, et il vous demande d'aider la police.
Les doutes sont venus trop tard, alors qu'un premier réflexe avait déjà fonctionné au printemps
C'est une fois l'argent remis que la dame doute. Elle se souvient qu'au printemps, un faux gendarme était déjà venu chercher sa carte. À l'époque, elle l'avait coupée en deux et avait fait opposition aussitôt.
Cette fois, elle regrette : « je me sens bête d'avoir cédé aussi facilement ». Elle ajoute qu'elle ne s'est doutée de rien, puisque l'homme avait l'air sympa.
Cette phrase mérite d'être retenue. Un escroc n'a pas l'air d'un escroc. Il est poli, précis, patient. Et le réflexe du printemps, couper la carte et faire opposition, reste le bon. Il a justement protégé la victime la première fois.
Raccrocher, vérifier auprès de la banque, puis porter plainte : les gestes à connaître
Ni votre banque ni la police n'ont à envoyer quelqu'un à votre porte pour reprendre votre carte ou vos espèces. Si l'on vous le demande, raccrochez. Rappelez ensuite votre agence ou le numéro figurant sur votre carte, jamais celui qu'on vous donne au téléphone.
- Ne remettez jamais votre carte ni d'argent à un inconnu, même muni d'un matricule ou de références.
- Ne vous laissez pas presser : une demande « urgente » est un signal d'alerte.
- Parlez-en à un proche avant d'agir, comme cette dame l'a fait avec son petit-fils, malheureusement après coup.
Si le mal est fait, faites opposition immédiatement. La Messine l'a refait dès qu'elle a compris, puis elle a appelé son petit-fils. Tous deux ont passé la soirée au commissariat.
Gardez le détail de ce que vous avez remis : montants, billets, heures des appels, description des personnes venues. Contactez aussi votre banque pour lui signaler les retraits que vous n'avez pas faits.
Vos questions
Quelles infractions sont visées dans l'enquête de Metz ?
Une enquête de police est ouverte pour escroquerie sur personne vulnérable. Elle porte aussi sur une escroquerie avec usurpation de la qualité de dépositaire de l'autorité, puisque le second escroc se faisait passer pour un policier.
Que faire si j'ai remis ma carte à un faux conseiller ?
Faites opposition tout de suite auprès de votre banque. C'est ce qu'a fait la victime messine dès qu'elle a compris, et ce qu'elle avait déjà fait au printemps face à un faux gendarme. Rendez-vous ensuite au commissariat pour déposer plainte.
Pourquoi la victime a-t-elle témoigné ?
La dame de 98 ans espère aider d'autres victimes qui se retrouveraient dans le même cas. Son petit-fils, lui, dit trouver « ça ignoble de s’attaquer aux seniors » et craint que les escrocs reviennent.
Sources : republicain-lorrain.fr.
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